Les tsingy de Bemaraha, à l’ouest de Madagascar, forment un relief que l’on ne voit presque nulle part ailleurs : des milliers de lames de calcaire dressées, aiguisées comme des couteaux.
Comment un tel relief se forme
Le mot tsingy évoque l’idée de marcher sur la pointe des pieds — ce qui décrit bien la sensation. Le paysage est un karst : une masse calcaire sculptée pendant des millions d’années par l’eau de pluie, légèrement acide, qui a creusé fissures, gouffres et galeries. Ce qui reste debout entre les vides, ce sont ces lames.
Des espèces prisonnières de leur labyrinthe
Le relief crée une multitude de micro-habitats isolés les uns des autres :
- des lémuriens capables de sauter entre des arêtes coupantes
- des reptiles et des amphibiens confinés à quelques crevasses
- une flore adaptée à la sécheresse et au calcaire nu
- et un réseau de grottes encore partiellement exploré
Cet isolement explique un taux d’endémisme très élevé, même à l’échelle malgache : certaines espèces n’existent que dans ce massif.
Visiter, mais protégé
Le site est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO et se visite par des circuits aménagés, avec passerelles et guides. L’équipement n’est pas un luxe : la roche déchire les vêtements et les mains, et un écart de trajectoire est vite dangereux.
C’est aussi la raison de sa préservation relative : un terrain si hostile a longtemps découragé toute exploitation.
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