Si un animal résume l’étrangeté de la faune malgache, c’est l’aye-aye. Nocturne, discret, il ne ressemble à aucun autre primate.
Un portrait déconcertant
L’aye-aye cumule des traits qu’on ne s’attend pas à trouver ensemble :
- de très grands yeux, adaptés à la vie nocturne
- de larges oreilles mobiles, d’une sensibilité remarquable
- des incisives à croissance continue, comme celles d’un rongeur
- et surtout un doigt médian très allongé, fin et osseux
Ces caractères ont tellement dérouté les premiers naturalistes qu’ils l’ont d’abord classé parmi les rongeurs. Il a fallu du temps pour reconnaître en lui un lémurien.
Une technique de chasse unique
Ce doigt étrange est un outil. L’aye-aye tapote le bois des arbres avec lui et écoute l’écho de ses coups avec ses grandes oreilles. Quand le son révèle une cavité — donc une larve d’insecte — il perce l’écorce avec ses incisives puis extrait la proie avec son doigt crochu.
Ce comportement est rarissime chez les mammifères. C’est l’équivalent, chez un primate, de ce que fait un pic-vert.
Un animal victime de sa réputation
Dans plusieurs régions, l’aye-aye est entouré de croyances qui en font un animal de mauvais augure — ce qui lui vaut parfois d’être tué à vue. À cette pression s’ajoute la disparition de son habitat forestier.
Difficile à observer, actif la nuit, il reste l’une des espèces les moins connues du grand public malgré son statut de vedette scientifique.
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